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LE POUVOIR d'ACHAT / LA PAUVRETE ![]() Christian Bourreau Gérard Lucas Evolution des Retraites
Les finances des retraités : regarder les réalités et en finir avec l’image du nanti L’essentiel des ressources financières dont disposent les retraités est constitué par les pensions qu’ils perçoivent des différents organismes auxquels ils ont contribué au cours de leur activité professionnelle. Après paiement de la CSG/CRDS et le cas échéant l’impôt sur le revenu, le solde constitue le revenu disponible du retraité. Le lendemain du départ en retraite, ce revenu disponible a été réduit car le total des pensions est inférieur au total des rémunérations d’activité. Cet écart est mesuré par le taux de remplacement. Cette notion n’est pertinente qu’au moment du départ mais il est néanmoins intéressant de l’examiner, et ceci pour deux raisons. D’une part elle permet de mesurer les différences à un moment donné en fonction du statut des personnes et du type de carrière qu’elles ont connu. D’autre part elle permet de simuler ce que pourrait être la situation des retraités dans les années futures. Pour ce dernier point, il est nécessaire de jeter un œil sur les modalités de calcul des droits à retraite. Sitôt passé le moment du départ, le retraité, pour l’évolution de son revenu disponible et donc de son pouvoir d’achat n’est plus concerné que par les revalorisations des pensions et par l’évolution des prix. L’approche ci-dessus qui part de la situation réelle des retraités et qui vise à décrire ce qu’ils perçoivent concrètement ne recouvre pas une notion souvent présentée dans la presse sous la dénomination de niveau de vie. Il s’agit pour celle-là de comparer des moyennes avec l’inconvénient propre à ce genre de calcul : personne ne ressemble au retraité moyen ni d’ailleurs à l’actif moyen. _____________ LA PAUVRETE Selon la façon dont on la mesure et dont on en parle, la pauvreté pourrait apparaître comme une simple convention d'experts. Certains la choisissent « absolue »: moins de 1 ou 2 dollars par personne et par jour (critère de la Banque mondiale pour les pays en voie de développement), d'autres préfèrent une évaluation « relative » en déclarant pauvre tout ménage dont les revenus sont en dessous... du seuil de pauvreté. Le débat national sur le pouvoir d'achat ainsi que l'érosion continue des pensions de retraite nous ont conduits à faire un point sur la pauvreté en France en 2008, et en particulier chez les retraités. Dans sa « Lettre » d'avril 2008, le Conseil d'Orientation des Retraites écrit: "...même s'il existe encore des situations préoccupantes, la pauvreté qui caractérisait la population des retraités dans les années 1960-70 a fortement reculé: la pauvreté, définie à 60% du niveau de vie médian des Français, touchait 30% des retraités en 1970 alors que ce taux de pauvreté n'était plus que de 9% en 2003". Une telle déclaration montre bien la fragilité et les limites de la méthode "relative" de mesure de pauvreté. En effet, sans remettre en cause les chiffres avancés par le C.O.R., chacun doit bien se rendre à l'évidence que la question de la pauvreté demeure très préoccupante pour une grande partie des retraités et personnes âgées. Sinon, comment expliquer que les retraités soient de plus en plus nombreux en France à reprendre une activité rémunérée pour subvenir à leurs besoins? Ou encore, quelles perspectives de fin de vie peut-on avoir avec des tarifs de maisons de retraite de 1.200 à 3.000 €/mois et plus alors que près d'un million et demi de retraités étaient en 2007 en dessous du seuil de pauvreté de 817€/mois? Dans ce "dossier pauvreté", nous avons sélectionné trois sujets parmi ceux qui nous semblaient les plus intéressants:
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