Le 4 mai, Jour de Libération des Actifs
|
Les Echos du 4 maiidentifient un écart de 29% entre le salaire net des salariéset lesuperbrut(1) payé par l’employeur. Cet écart, transposé en jours ouvrés conduit à ce que les salariés devraient travailler jusqu’au 4 mai pour financer les dépenses de retraites et de santé des retraités actuels. |
Cette présentation est tendancieuse
Il n’est pas illégitime de raisonner sur le salaire superbrut, mais on comprend mal l’ajout de« la part des dépenses de santé des personnesâgées »à moins qu’il ne s’agisse que de faire bondir à 39% le taux de 29,5% et d’inquiéter encore plus les lecteurs.
Mais il est pour le moins erroné d’affirmer que cet écart, quel qu’en soit le taux, ne sert qu’à payer les dépenses de retraite et de santé des retraités. Sans entrer dans le détail de toutes les cotisations, rappelons ci-après quelques éléments fondamentaux.
Retour sur quelques notions fondamentales
- Les frais de santé remboursés par la Sécurité sociale sont financés par la CSG qui est payée par tous, y compris les retraités.
- Le risque de chômage qui ne concerne que les actifs est financé par la CSG, c'est-à-dire par tous,
y compris les retraités. - Les cotisations retraite payés par les actifs financent les retraites des anciens, mais ouvrent aussi le droit aux actifs de percevoir, leur moment venu, leur propre retraite. Les retraités avaient, en leur temps, payé la retraite de leurs parents.
- CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) payée par tous, retraités compris.
Arrêtons cette guerre contre les retraités
Si l’écart entre les salaires brut et net était supprimé ou réduit, la feuille de paye des actifs serait indiscutablement majorée, mais cette éventuelle rupture par les actifs de la solidarité intergénérationnelle aurait deux conséquences incontournables :
- privés de leur retraite, les retraités – y compris leurs propres parents retraités - seraient réduits à la misère. Il est douteux que, mieux informés, les actifs souhaitent une telle issue
- elle les obligerait aussi à se couvrir individuellement contre les risques du chômage et de la maladie et ils devraient aussi payer des cotisations pour leur propre retraite, ce qui au bout du compte aurait pour résultat de leur coûter au moins aussi cher.
Christian BOURREAU Président de l'Union Française des Retraités Ufr-Rg
- Salaire superbrut: somme du salaire brut et des charges payées par l’employeur
Articleà paraitre paru dans le prochain Courrier des retraités
